03.07.2002 RENARD La rage a disparu mais ...
La France a été déclarée « pays officiellement indemne de rage « en mai 2001, mais il aurait été naïf de croire que les anti-renards en resteraient là. Leur nouveau cheval de bataille s'appelle échinococcose alvéolaire. L'échinococcose alvéolaire est une maladie humaine rare mais grave, qui peut être contactée dans l'est de la France et le Massif central. Elle est due à un parasite qui vit dans l'intestin de certains mammifères (dont le renard), ceux-ci éliminant les œufs avec leurs excréments. En théorie, l'homme risque de contaminer en consommant des fruits sauvages poussant près du sol et ayant été souillés par des déjections de renards ou de chiens. Toutefois, le principal mode de contamination consiste à manipuler une dépouille de renard. Voilà pourquoi les rares victimes de cette maladie sont chasseurs, piégeurs, taxidermistes. Voilà pourquoi aussi, aux Pays-Bas, les autorités viennent très logiquement d'interdire la chasse au renard. En France, bien sûr, c'est une autre histoire. Les piégeurs et chasseurs rivalisent d'imagination pour justifier les massacres de renards. Cependant, il faut souligner le rôle utile de ce prédateur qui régule les surpopulations de rongeurs. Il peut en éliminer jusqu'à 10 000 par an. C'est donc un allié précieux des agriculteurs. Sa présence évite l'utilisation d'anticoagulants dangereux, telle la bromadiolone, pour détruire les micros mammifères dont la pullulation cyclique peut causer des dégâts aux cultures. Comme le rappelle Bernard Deceuninck, ingénieur écologue à l'Institut européen de biologie animale, classer le renard « nuisible » est un non-sens. La chasse au renard justifiée par la lutte contre la rage est une erreur coupable : les animaux ont propagé l'épizootie d'autant plus vite qu'ils étaient pourchassés et mobiles. Seule la campagne de vaccination orale des renards mit un terme à la rage. Le prétexte sanitaire des massacres ne tient pas plus la route dans le cas de l'échinococcose : l'ennemi, c'est la maladie, pas le renard ! C'est pour cela que l'ASPAS demande le retrait du renard de la liste des animaux « nuisibles », et qu'elle continue, dans le cadre de l'année du renard, à mieux faire connaître ce mammifère passionnant. Pour plus d'informations, vous pouvez écrire à l'ASPAS en joignant un timbre pour la réponse ou bien commander une brochure sur le renard contre 4 euros en timbres ou chèque pour frais de participation à ASPAS, BP 505, 26401 Crest Cédex. © Copyright Le Bien Public |